Restituer “l’esprit” du Bauhaus, 100 ans après


Restituer “l’esprit” du Bauhaus, 100 ans après
Présentation des Rencontres internationales d'art construit par l'association AAT, le 23 mai à Uzès.
Par Uzès News


Des Rencontres internationales d’art construit vont être lancées cet été : elles rendront hommage à l’école du Bauhaus, créée en 1919, dont les empreintes sont encore nombreuses. Un projet porté par l’association Art, Architecture & Territoire, installée en Uzège.

 

UBeaucoup connaissent le Bauhaus sans vraiment le savoir. Cafetières, stylos, mobilier, architecture : de nombreux objets et bâtiments du quotidien sont issus de cet “art construit”, dont l’origine remonte à 1919. 100 ans après la création de l’école du Bauhaus à Weimar (Allemagne), l’association uzégeoise Art, Architecture & Territoire (AAT) compte raviver la mémoire du public et mettre en avant les liens intimes de ce courant pluridisciplinaire avec “l’art construit”.

Deux mois en Lozère

Le premier acte des Rencontres internationales d’art construit (RIAC) aura lieu du 3 juillet au 30 août, au château de Castanet en Lozère : une demeure du XVIe entièrement restaurée, située au bord du lac de Villefort. Une exposition accueillera les créations d’une vingtaine d’artistes choisis par AAT, originaires de la région (Georges Ayats, Arnulf Letto, Pascal Fancony), de Nantes, de Suisse, d’Allemagne, d’Espagne… Chacun avec sa démarche d’art construit, plus ou moins éloignée du Bauhaus. “Esther Edouard, de Montpellier, et la Nîmoise Laurie Gicquel travaillent avec l’outil informatique. Valérie Woillet, installée à Nîmes, a été choisie pour son travail sur la relation entre l’art et l’architecture”, explique par exemple Pascal Fancony, président d’AAT – installé à Collias, ce disciple de l'”art concret” est passionné par le Bauhaus.


Des concerts et rencontres animeront cette période, et un parcours de sculptures contemporaines doit être installé dans la nature (avec l’association Sculptures en liberté). Le 9 juillet, un voyage sera organisé au départ d’Uzès pour découvrir ces “RIAC 1”, en partenariat avec l’Université populaire de l’Uzège, les Amis de la médiathèque et les Amis du Musée Georges Borias (lire ici).

Des “RIAC 2” doivent démarrer le 16 septembre, principalement à Uzès (avec une exposition à l’évêché) et du côté de St-Victor-des-Oules (au Mas des Oules). “Il y aura aussi de petits parcours à St-Hilaire-d’Ozilhan – à la chapelle de la Clastre – et à Domazan, au château de Bosc”.

Processus scientifiques et standardisation

“L’idée que développe à l’époque le Bauhaus est de réunir l’artisanat, les métiers d’art, l’industrie, l’architecture et les arts appliqués. Il a donné lieu au design moderne”, commente Pascal Fancony. “Le Bauhaus est à l’origine de la préfabrication et de la standardisation. , Tout ce qui est de l’ordre de la vie était développé, tous les matériaux étaient employés. C’est la première école d’arts et techniques qui s’est ouverte aux femmes, avec notamment les ateliers de textile qui produisaient des tapisseries, tentures, papiers peints… Les ateliers de typographie ont révolutionné le monde de l’édition. C’est là qu’a été inventée la photocomposition. Il y avait des cours de danse, de cinéma. La démarche était très ancrée dans la vie, il y avait des liens avec le monde de l’entreprise.” Basé sur la rationalité, “l’esprit du Bauhaus” exigeait une maîtrise totale des processus scientifiques et méthodiques employés depuis la conception jusqu’à la réalisation de l’oeuvre.


À côté des arts appliqués, l’architecture avait une bonne place : dès les années 1920 des lotissements ouvriers furent conçus par les “étudiants” du Bauhaus, puis de nombreux logements sociaux. Une bonne partie de la ville israélienne de Tel Aviv répond aux standards du style – plus près de nous à Nîmes, l’immeuble Nemausus conçu par Jean Nouvel doit beaucoup à ce courant artistique.
Mais les décennies qui ont suivi ont vu l’art du Bauhaus décliner. Fermée par le pouvoir nazi, l’école allemande a essaimé à l’étranger, souvent associé à l’idéologie socialiste. L’image négative associée aux logements sociaux par la suite n’ont pas fait du bien à cet héritage, à en croire Pascal Fancony. Lui-même a mené une bataille à Nîmes pour faire reconnaître le Nemausus au titre du patrimoine et obtenir une protection du site. “La mécanisation et l’informatisation ont tout changé”, observe également le président d’AAT.

Impliquer les métiers d’art

Si bien que l’école du Bauhaus, courant artistique relativement récent, est mal connu, même parmi les professionnels. “Il est très difficile de trouver des artisans capables de restaurer selon les normes”, regrette Pascal Fancony : matériaux et techniques ont changé. Il compte tout de même sur la Direction régionale des affaires culturelles (Drac Occitanie) pour soutenir un projet de “laboratoire de recherche sur le patrimoine du 20e siècle” que prépare AAT en partenariat avec l’École d’architecture de Montpellier.
L’association AAT voudrait aussi faire revivre les savoir-faire de l’époque dans les filières de formation. Et le lycée des métiers d’art Georges-Guynemer (Uzès), plateforme d’enseignement pluridisciplinaire, s’y prêterait à merveille selon Pascal Fancony. L’établissement devrait accueillir à partir du mois d’octobre* une résidence de Carole Aragon, historienne d’art spécialisée dans le mobilier du patrimoine du 20e siècle. Des animations se préparent pour les Journées nationales de l’architecture (du 18 au 20 octobre) : conférence, exposition photo sur l’architecture du 20e siècle… Il est question aussi d’organiser une exposition de design, avec des objets du quotidien, des maquettes architecturales. “Nous voudrions que ces événements circulent dans les médiathèques du territoire”, fait savoir Pascal Fancony, qui espère que des étudiants s’impliqueront avec l’association AAT.
Une exposition sur le Bauhaus doit avoir lieu à Paris à la fin de l’année : un voyage groupé pour la découvrir est envisagé.



Quentin Germain
Publié le 13/06/2019 à 17:00



Dans la même rubrique

Un dimanche littéraire à Lussan

Un dimanche littéraire à Lussan

Les Courants Alternatifs :  la programmation se dévoile peu à peu

Les Courants Alternatifs : la programmation se dévoile peu à peu

18 photographes à découvrir au festival des Azimutés

18 photographes à découvrir au festival des Azimutés

Concours d’abrivado : la manade Leron remporte le titre

Concours d’abrivado : la manade Leron remporte le titre

Chorégraphies du rituel au festival Uzès Danse

Chorégraphies du rituel au festival Uzès Danse

Histoires fantastiques en Uzège

Histoires fantastiques en Uzège

🔒  Découvertes archéologiques : des négociations pour étendre les recherches

🔒 Découvertes archéologiques : des négociations pour étendre les recherches

{"slide_show":"3","slide_scroll":"1","dots":"false","arrows":"true","autoplay":"true","autoplay_interval":"7000","speed":"300","loop":"true","design":"design-2"}


Toute l'info sur uzesnews.fr


sur les réseaux sociaux