Pays d’Uzès : l’avenir financier inquiète certains élus


Pays d’Uzès : l’avenir financier inquiète certains élus
Didier Kielpinski, Guy Crespy et Bernard Rieu ont tour à tour exprimé leurs divergences avec l'exécutif.
Par Uzès News


Le budget de fonctionnement de l’Ombrière va selon eux limiter l’action de l’intercommunalité dans ses domaines de compétence. Une “maison de services au public” est annoncée : la Caf et la CPAM doivent emménager dans l’Espace entreprise emploi d’Uzès, pour y accueillir le public dès le 1er mai.


Le budget 2019 de la Communauté de communes Pays d’Uzès (CCPU) a été adopté lundi 15 avril : hors budgets annexes, 18 M€ sont prévus en section de fonctionnement et 6,2 M€ pour l’investissement de la collectivité. Marie-Michèle Alvaro, maire de St-Victor-des-Oules et vice-présidente de la CCPU, se charge de lire la longue série de délibérations financières  : les comptes administratifs des différents budgets, l’affectation des résultats, qui représentent 16% de l’enveloppe principale en 2019, et les taux de fiscalité directe, qui ne changent pas*.
Seuls les maires de Sanilhac-Sagriès, Vallabrix et Garrigues-Ste-Eulalie, assis côte-à-côte, prennent la parole pour commenter le budget. “Réfléchissons aux conséquences de notre vote, il ne faudrait pas se défausser à la prochaine mandature”, enjoint d’abord Guy Crespy, inquiet quant à la capacité financière de la CCPU d’assumer ses projets une fois l’Ombrière** sortie de terre. Cette structure devra-t-elle fonctionner “à régime réduit”, ou verra-t-on augmenter les impôts, ou bien encore les contributions des communes au budget ?, se demande-t-il avant de soumettre “une quatrième proposition” : que la CCPU s’abstienne de demander la compétence “Culture”. “La ville d’Uzès a cette compétence, il serait possible de lui transférer la responsabilité de l’exploitation de l’Ombrière. La CCPU a déjà contribué à ses dépenses d’investissement de manière significative.” Une solution qui n’empêcherait pas selon lui, une programmation intercommunale au centre culturel.
Concernant le “projet de maison de spécialistes” sur la zone d’aménagement concerté (ZAC) Les Sablas (Montaren), le conseiller communautaire s’interroge sur la solidité du dossier : un futur “centre de spécialistes” serait envisagé à l’hôpital général” d’Uzès, et serait financé par l’Agence régionale de santé. Un doublon ? “On parle d’un scanner, et non d’une maison médicale, à l’hôpital”, répondra le président de la CCPU, Jean-Luc Chapon (par ailleurs président du conseil de surveillance de l’hôpital).

Jean-Luc Chapon défend “la capacité d’autofinancement” de la CCPU

Critique de la politique intercommunale en matière d’emploi, de services et d’accès au logement, Bernard Rieu annonce qu’il ne votera pas ce budget, qui ne favoriserait pas l’installation de “jeunes” sur le territoire. “Des entreprises ont dû partir faute d’endroits pour se développer, le Mas de Mèze est en déshérence depuis longtemps”, constate le maire communiste de Vallabrix. Il regrette “l’absence d’investissement depuis 6 ans pour favoriser la création d’emplois dans l’agriculture”, et s’il note qu’une commission dédiée “vient d’être relancée”, il y voit “une stratégie politique” à la veille des élections. Et comme il l’avait déjà fait remarquer par le passé, le nombre de crèches créées ces dernières années est insuffisant. Au tour de Didier Kielpinski : “difficile de s’y retrouver” dans la présentation des éléments financiers, selon lui : “j’aurais préféré un budget analytique”. Le maire de Garrigues dit son inquiétude pour l’avenir : il est question d’une baisse des financements accordés par la Caisse d’allocations familiales (Caf) à la CCPU et les “450 000 € de fonctionnement” mobilisés par l’Ombrière pourraient manquer ailleurs. Dans le même temps il suggère que la CCPU profite des emprunts à taux bas, par exemple “pour relancer le projet de piscine” – les noyades chez d’enfants de 4 à 10 ans sont en augmentation, relève-t-il.
Sans répondre sur tous les sujets, Jean-Luc Chapon trouve que les trois élus sont en contradiction les uns avec les autres. “En tant que maire d’Uzès, je suis d’accord pour prendre le centre culturel”, ironise-t-il. Pas question d’emprunter : “nous voulons laisser quelque chose de sain pour ceux qui vont nous succéder”, justifie le président de l’interco. Il évoque les “150 000 € de fonds de concours” prévus au budget pour faire valoir “la capacité d’auto-financement” de la CCPU. Lors du vote, Guy Crespy s’abstient, et les représentants de Vallabrix, Garrigues-Ste-Eulalie et Flaux expriment leur opposition.


Jean-Luc Chapon met en avant les “fonds de concours” destinés aux communes : 150 000 € cette année.

“La CPAM se désengage de son parc immobilier”

Le débat reprend sur le dossier de “la reprise en régie de l’Espace entreprise emploi”. Pierre Michel, vice-président chargé des politiques de l’emploi et enfance-jeunesse, explique le contexte : le financement direct par le Conseil départemental (36 000 € en 2018) disparaît – mais les aides attribuées au travers du Fonds social européen doivent passer de 30 000 € à 50 000 € en 2019). S’ajoute à cela une fermeture du site de la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM), qui “se désengage de son parc immobilier”. Résultat : la CCPU décide de créer une “maison de services au public”. Les locaux de l’Espace entreprise emploi (immeuble Alzon, dans le secteur des Cordeliers à Uzès) doivent être réaménagés d’ici le 1er mai pour accueillir des interventions de la CPAM et de la Caf, en plus de l’activité menée par la Mission locale jeunes. “Le lieu est un peu exigu”, fait remarquer Didier Kielpinski. Lui qui avait suggéré cette MSAP dès 2015, se réjouit que la CCPU ait “changé son fusil d’épaule”. “Il faudrait conventionner avec la MSA, la Carsat, Pôle Emploi”, propose-t-il, visiblement informé sur le fonctionnement de ce type d’accueil multi-guichets. Il aimerait également un service de proximité qui viendrait jusque dans les villages. “C’est un peu exigu mais tout le monde devrait y trouver son compte”, assure Pierre Michel. “On peut avoir une impression d’impréparation mais cela s’est fait dans l’urgence, ce n’est pas de notre fait”. Christophe Vieu, directeur des services de la CCPU, vient appuyer son propos. Il souligne “la réactivité des serrvices”. “La Caf et la CPAM quittaient le territoire : nous avons conservé ces services, il faut s’en féliciter”. Fabrice Verdier s’en mêle. “Tu aurais dû saluer le travail des services”, lance-t-il à Didier Kielpinski avant de s’adresser également aux voisins de celui-ci : “c’est la quadrature du cercle avec vous, vous voulez diminiuer le budget de fonctionnement en augmentant les services.” “Ce discours moralisateur ne me plait pas, d’ailleurs je n’ai rien reproché aux services. C’est un projet que je défends depuis des années, il n’a jamais été entendu : voilà ce que je regrette”, répond le maire de Garrigues. Bernard Rieu, lui, trouve “inouï cette décision unilatérale de la CPAM et de la Caf” et propose un courrier de désapprobation.

Une étude sur l’agriculture et les circuits-courts

Suit une délibération autorisant une étude (39 000 €, subventionnés à 90%) sur “l’élaboraiton d’un projet co-construit en faveur d’une politique alimentaire de proximité” qui “permettrait de maintenir un paysage de qualité en luttant contre le développement des friches, en favorisant la remise en culture de parcelles dans des secteurs ciblés, le développement de l’agriculture biologique et l’amélioration de la structuration des circuits courts”.
Des règles sont établies concernant l’attribution d’aides régionales à l’investissement immobilier des entreprises. Alors que Patrick Méjean se demande “comment ne pas fausser la concurrence avec les entreprises existantes, Christophe Gervais fait valoir que “la création et le maintien d’emplois pendant trois ans fait partie des conditions” d’attribution. “Des territoire proches mobilisent ces aides. Uzès est très attractif mais il ne faut pas qu’on s’endorme”, renchérit Fabrice Verdier.

Séance plénière du Conseil communautaire, le 15 avril.

Des travaux de réaménagement sont prévus, pour 20 000 €, dans les bibliothèques de Belvezet, Montaren et St-Quentin. Un montant du même ordre est affecté à l’acquisition de supports, en fonction de la spécificité de chaque site : musiques actuelles à Belvezet, bande dessinée à St-Quentin et jeu vidéo à Montaren.

* Cotisation foncière des entreprises (CFE) :30,92%. Taxe d’habitation : 11,14%. Taxe foncière sur les propriétés bâties : 3,02%. Taxe foncière sur les propriétés non bâties :6,75%.
** Le centre culturel et de congrès “L’Ombrière” est en cours de construction dans le secteur du Refuge à Uzès.

Quentin Germain
Publié le 16/04/2019 à 18:35



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