Municipales 2020 : les négociations ont commencé


Municipales 2020 : les négociations ont commencé
Christophe Cavard est en campagne pour la mairie d'Uzès.
Par Uzès News


Candidat déclaré au prochain scrutin municipal d’Uzès, Christophe Cavard veut jouer la carte du « consensus » pour monter une liste solide.

 

Les discussions vont bon train à Uzès en vue des élections municipales de 2020. L’écologiste Christophe Cavard annonce volontiers qu’il sera tête de liste, sur le créneau de « l’alternative ». Ancien député du secteur, il a été conseiller général par le passé. Ces derniers mois, il s’est « mis au service » de l’opposition à Uzès, commune où il vit « depuis plusieurs années » et dont sa famille paternelle est originaire.« Il existe toujours un ‘Moulin Cavard’ à Pougnadoresse, qui servait autrefois à la fabrication du pain – ce lieu n’appartient plus à la famille mais je l’ai connu lors de cousinades ».
« Je veux faire de la politique là où je suis, poursuit Christophe Cavard. Cet engagement ne sera pas un marchepied pour accéder à un autre échelon ». Il confie par ailleurs un « projet professionnel de travailleur social » et son intention de s’y consacrer en parallèle d’éventuelles responsabilités politiques.

« 37 ans au pouvoir, cela semble fou »

Briguer la mairie d’Uzès est un challenge : monter une équipe capable de battre la municipalité sortante reviendrait à réussir là où les opposants successifs ont échoué depuis 35 ans. « Il y a un phénomène d’usure du maire sortant, pense l’écologiste. En 2020 il achèvera son 6e mandat, soit 37 ans au pouvoir. Cela semble fou, et ce n’est pas une histoire d’âge : j’ai 19 ans de mandat local derrière moi, je sais qu’à la fin on devient cynique et qu’on peut obéir à une logique de pouvoir existentielle. Mais qu’est-ce qui anime alors la démarche politique ? » S’il avait été à la manœuvre durant les travaux du boulevard, assure-t-il, il aurait « donné du sens » en intégrant une réflexion « sur les pistes cyclables et la largeur des trottoirs ».
Christophe Cavard veut également se démarquer sur le développement économique. « Imaginer que créer des grandes zones économiques c’est créer des emplois, ou qu’on peut « vendre le territoire », tout cela représente ce que je combats en politique. Sur la question de l’emploi, il faut voir dans quelles conditions les créations ont lieu. Notre patrimoine et notre environnement sont des bijoux qui nous permettent de mener une politique différente. Il faut favoriser les commerces qui vendent des produits en circuit court, les boutiques paysannes, et faciliter l’accès à ces modes de consommation pour ceux qui ont un pouvoir d’achat faible ».

Favoriser les commerces « qui ont du sens »

Lui qui soutient la mobilisation du Collectif pour la sauvegarde de l’Uzège contre le projet de zone d’aménagement concerté (ZAC) des Sablas à Montaren (projet porté par l’intercommunalité, dont le président est le maire d’Uzès Jean-Luc Chapon), promet l’abandon de cette ZAC s’il arrive aux fonctions. Christophe Cavard décrit une idée alternative : « une collectivité peut très bien construire des zones commerciales pour les louer. Il y a par exemple des friches industrielles à réhabiliter, ce qui peut êtree subventionné 60% voire à 80%. En amortissant les frais sur 20 ans par la location des commerces à bas coût, et en donnant la priorité aux commerces qui ont du sens – ceux qui proposent des produits de première nécessité s dains et/ou labellisés par exemple – on permet à ces enseignes de dégager une marge pour payer des salaires tout en pratiquant des prix concurrentiels ».
Autre intention affichée : redimensionner l’Ombrière, le centre culturel et de congrès qui se construit actuellement à l’entrée d’Uzès (projet porté par l’intercommunalité). « Une fois que nous serons à la mairie, le projet de palais des congrès disparaîtra, l’espace sera recalibré et un vrai budget de fonctionnement sera alloué pour apporter une véritable plus-value culturelle, car même les 150 000 € évoqués aujourd’hui seront insuffisants. Un vrai partenariat avec les salles Paloma (Nîme) et Le Cratère (Alès) est également nécessaire. Un espace pourrait être aménagé pour répondre aux problématiques de stockage exprimées par les acteurs culturels locaux ».
Le stationnement à Uzès a été médité : Christophe Cavard imagine un système de navettes qui desserviraient des parkings situés en périphérie du centre-ville. « Je crois qu’il faut donner la priorité aux habitants pour se garer au centre ».

« Bicamérisme local »

« Je crois beaucoup à la démocratie partagée, et la mobilisation des Gilets jaunes a mis cette question en avant », poursuit Christophe Cavard tout en soulignant l’importance des « institutions républicaines, qui sont la garantie de la démocratie ». Il propose « un bicamérisme local »  : au Conseil municipal viendrait s’ajouter un « conseil citoyen », dont les modalités de désignation restent à fixer – ce mode de fonctionnement est aussi envisagé pour l’échelon intercommunal. « J’ai vu l’intérêt de ce système de balancier au Parlement. On peut imaginer par exemple que si plus de la moitié du conseil citoyen n’est pas d’accord sur une délibération, on rediscute pour trouver un consensus entre les deux chambres. On sort ainsi de la logique du rapport de force. »
Le premier « consensus » que Christophe Cavard va devoir assurer concerne sa propre candidature à la mairie d’Uzès. « Ce ne sera pas « Cavard et sa liste » mais « la liste avec Cavard » », commente-t-il : il a bel et bien l’intention de se faire accepter comme tête de liste, mais promet de rédiger «un règlement de partage des responsabilités » avec ses alliés. La co-animatrice de la campagne, Lydie Defos du Rau (élue municipale du groupe Ensemble pour Uzès) confirme ce « positionnement » en expliquant que « la personnalité » de Christophe Cavard est « à même de rassembler ceux qu’on veut rassembler »- « on ne s’interdit rien », dit-elle quand même par précaution. « Notre projet fondé sur les fondamentaux de la démocratie et de l’écologie est capable de rassembler très largement. Peu m’importe que les gens viennent d’En Marche ou de l’extrême-gauche. » Lydie Defos du Rau précise que les discussions sont menées dans tout le secteur de l’Uzège et impliquent des personnes de tous horizons, « qui n’ont pas forcément vocation à apparaître sur une liste mais qui veulent s’impliquer ».
Le mouvement local Ensemble pour Uzès (principal groupe d’opposition au Conseil municipal) n’a pas encore adopté de position officielle en vue du scrutin de 2020. Mais Christophe Cavard revendique le soutien d’anciennes têtes de liste aux élections municipales de 1988 et 2001 et évoque « des discussions avec Jérôme Maurin, qui a été dans l’équipe de Jean-Luc Chapon durant 18 ans », déclare Christophe Cavard, en vantant le « projet très intelligent de plan local d’urbanisme » de cet ancien adjoint, qui n’a finalement pas été retenu.

Pas d’entente Cavard-Maurin

Mais Jérôme Maurin garde ses distances. « Je ne suis pas associé à la démarche actuelle de Christophe Cavard.. Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois mais ne nous sommes pas entendus sur les suites à donner ». Plus que la nature du projet, la « façon de fonctionner » semble être un obstacle pour une éventuelle alliance. « Toutes les discussions sont ouvertes, j’étudie la possibilité de monter une liste tout seul », précise Jérôme Maurin, qui a adhéré à la jeune association Imaginer l’Uzège Demain, présidée par Jean-François Lataste (membre de l’équipe gardoise du mouvement En Marche). « Je suis impliqué dans la vie uzétienne depuis 24 ans, je commence à en connaître tous les rouages », ajoute le conseiller municipal.
La « liste avec Cavard » et Imaginer l’Uzège Demain se parlent, indique-t-on de part et d’autre. « Ils sont dans une logique citoyenne, ce qui s’inscrit dans notre démarche. Les négociations de groupe ne sont plus crédibles », juge Christophe Cavard, qui n’exclut pas la possibilité in fine d’une « liste de démocrates » si un projet parvenait à se construire. « Je me méfie aussi du citoyennisme, précise-til. Ici les Gilets jaunes sont des copains, mais la fachosphère est présente dans ce mouvement. C’est là notre ligne rouge : nous ne voulons pas de l’extrême droite ».
À côté des « opposants historiques » à la municipalité qui seraient prêts à le soutenir, Christophe Cavard compte s’appuyer sur d’autres profils : « il y a un public qui n’osait pas s’engager jusqu’à maintenant, y compris des commerçants. Et puis il y a de nouveaux arrivants, notamment des retraités hyperactifs qui s’installent ici. Beaucoup ont une expertise extraordinaire, ils sont motivés par un engagement citoyen sur l’écologie et la démocratie, plus que par le rejet du maire actuel ».
Catherine Gerbaud, commerçante du centre-ville, revendique son soutien à Christophe Cavard, apprécié « pour son côté ouvert et participatif ». Sans présumer de son degré d’engagement dans la campagne à venir, elle évoque la ZAC des Sablas, la politique de stationnement ou encore « la qualité du marché qui se dégrade » parmi les raisons de son nouvel engagement dans le débat politique.
« Christophe Cavard a mon complet soutien, mais ma position personnelle ne me permet pas de m’afficher avec lui pour le moment », nous explique une responsable associative du coin, mentionnée par l’écologiste. Ce dernier a aussi l’intention de faire campagne auprès de « la population des trois quartiers en difficulté sociale, qui a l’impression d’être un peu à part ». Et son cheval de bataille depuis quelques années, la création d’un parc naturel régional (il dirige une association de soutien sur ce sujet), est présenté comme le remplaçant inéluctable de l’actuel pôle d’équilibre des territoires ruraux (PETR). « Une délibération régionale est attendue avant l’été et l’association constitutive devrait tenir une assemblée générale avant la fin de l’année », précise Christophe Cavard au sujet du Parc, dont le périmètre d’étude couvre 80 communes.

Quentin Germain
Publié le 01/03/2019 à 04:00

 

« Fabrice Verdier sera un adversaire »

Pas impossible que Christophe Cavard soit en lice avec Fabrice Verdier, lui aussi ancien député, aux municipales de 2020. Ce dernier répète ce qu’il a déjà dit voilà un an : « je serai présent dans le débat aux municipales à Uzès – à quel niveau et à quelle place, je le dévoilerai en septembre ou en octobre ». Élu socialiste à la Région, il affiche sa proximité avec Jean-Luc Chapon depuis plusieurs mois et a récemment intégré l’exécutif de la Communauté de communes.
« J’essaierai d’être cohérent avec ce que je fais sur le territoire ces dernières années et avec mes convictions », se contente pour le moment de déclarer Fabrice Verdier. Aux yeux de Christophe Cavard, il « sera un adversaire parce que son alliance avec Jean-Luc Chapon est claire ». L’écologiste reproche par exemple à Fabrice Verdier son soutien à la ZAC des Sablas et se demande « quelle est la plus-value pour lui ». « Je trouve cela perturbant : Jean-Luc Chapon a toujours soutenu des listes de droite, et Fabrice Verdier est présent un peu partout au nom de Carole Delga, présidente socialiste de la Région. Est-ce qu’il combat la droite menée par Christophe Rivenq lorsqu’il est au conseil régional ? Nous sommes dans un mouvement politique instable et il participe à cette instabilité ».



Dans la même rubrique

Post Image

🔒 L’Uzège – Pont du Gard se projette en 2030

Post Image

Le vote nationaliste s’installe en Uzège

Post Image

🔒 Conseil municipal expéditif à Uzès

Post Image

Parlement européen : 33 listes à départager le 26 mai

{"slide_show":"3","slide_scroll":"1","dots":"false","arrows":"true","autoplay":"true","autoplay_interval":"7000","speed":"300","loop":"true","design":"design-2"}