Département. Don d’archives du pasteur Aimé Bonifas



Par Uzès News

Communiqué de presse du 25 avril 2019. Département du Gard.

Aimé Bonifas, ancien résistant déporté, a beaucoup œuvré dans le Gard pour transmettre la mémoire des déportés auprès des jeunes générations dans les collèges et les lycées. Le Département du Gard a répondu des plus favorablement à la proposition de don d’archives faite par ses filles, représentées aujourd’hui par Mme Elisabeth Roucaute, née Bonifas.

Aimé Bonifas, grand témoin de l’histoire.

Pascale Bugat, directrice des Archives départementales du Gard, la conseillère départementale Isabelle Fardoux-Jouve, Elisabeth Bonifas (Fille), Dominique Bonifas (Fille) et Marc Taulelle, adjoint au maire de Nîmes.

Issue d’une famille aveyronnaise installée en Algérie française en 1905, Aimé Abel Bonifas naît le 26 janvier 1920 à Tirman. Il est ensuite élevé dans le Tarn, avant de rejoindre Montpellier pour ses études. Alors étudiant en droit, il s’engage dans la Résistance dès novembre 1940 et participe avec Henri Teitgen à l’organisation du mouvement Liberté qui devient Combat en 1941. Il distribue des tracts et mène des actions de propagande anti-nazi. Après l’invasion de la zone sud, caché à Anduze, il cherche à rejoindre les Forces Françaises Libres en 1943 avec d’autres jeunes résistants en passant par l’Espagne. Mais ils sont arrêtés, interrogés par la Gestapo, emprisonné à la prison Saint-Michel à Toulouse puis déportés à Buchenwald. Ayant réussi à s’évader, il revient à Nîmes le 10 mai 1945. Il publie alors le témoignage d’un survivant « Détenu 208011 » (qui sera ensuite réédité). A son retour, il s’engage dans la voie pastorale et entreprend de 1945 à 1948 des études de théologie. Il devient ensuite pasteur aux Ollières, à Pau et à Perpignan, puis secrétaire exécutif de la Conférence des églises protestantes des pays latins d’Europe.

Pasteur, engagé pour les droits de l’homme, il œuvre incessamment contre le négationnisme, témoin vivant des camps de concentration et de la réalité de la déportation. Auteur de nombreux ouvrages, il intervient très rapidement sur le plan national et international. Président d’honneur de la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes, il reçoit l’Otto-Nuschke-Preis pour la paix (RDA).

Dans son département du Gard, il transmet la mémoire des déportés auprès des jeunes générations par le témoignage qu’il apporte auprès des scolaires, dans les collèges et les lycées.

Il s’est éteint en août 2013, à l’âge de 93 ans.

Honorer sa lutte et son engagement pour le devoir de mémoire.

Outre les témoignages recueillis à la fin de la guerre, les fonds ainsi légués au Département retrace l’action inlassable d’Aimé Bonifas pour porter la mémoire de la Résistance, de la déportation, son engagement pour les libertés et sa lutte contre le négationnisme.

Aujourd’hui, à quelques jours de la journée de la déportation, le Département a voulu honorer la mémoire de ce grand témoin de l’Histoire.

A l’heure de la montée des nationalismes et des extrémismes, notamment en Europe, il est d’autant plus important de rappeler ce témoignage.

Les archives privées, sources essentielles pour l’histoire locale et nationale.

Par leur richesse, les archives privées sont des sources essentielles pour l’histoire locale comme nationale. Complément indispensable des archives publiques, elles permettent d’en contrebalancer le point de vue administratif par celui des acteurs : pas d’histoire sans les témoignages de ceux qui y ont pris part.

En complétant les archives publiques, elles reflètent la société dans la diversité de ses activités.

Les archives personnelles et familiales témoignent de l’évolution des conditions de vie, des mœurs et des formes de sociabilité. Elles peuvent retracer une carrière politique, professionnelle ou encore renseigner l’histoire de l’art et de la littérature. Les archives des érudits intéressent l’histoire des sciences et des connaissances. Les fonds cultuels renseignent les généalogistes et les curieux en histoire locale, mais aussi les chercheurs en sociologie, ou bien sûr en histoire des religions. Les archives des entreprises sont indispensables pour écrire l’histoire du tissu économique. Elles enrichissent la mémoire des techniques et constituent un patrimoine unique sur le savoir-faire industriel du département (archives des houillères des Cévennes). Les archives des associations attestent d’une activité sociale particulière. Les archives de syndicats et de partis politiques documentent l’histoire des idées. Tous les domaines de l’activité humaine peuvent être éclairés par les archives privées.

Pourquoi confier ses archives au Département ?

Vos archives peuvent constituer un patrimoine remarquable pour l’histoire du Département.

Elles peuvent également être mises en valeur à travers des expositions temporaires (exemple : le fonds du sculpteur Lallement).

Elles bénéficieront aussi :

– de locaux dont les conditions de conservation sont optimales ;

– du régime de protection légale appliqué au patrimoine public.

En effet, certains documents sont très fragiles. Par exemple les négatifs photographiques, les films qui ne supportent pas les fortes chaleurs ou l’humidité. Les maisons et notamment les greniers ou les caves ne sont pas les meilleurs lieux de conservation.

Comment les confier ?

Les archives privées entrent dans une collection publique par achat, dation, don ou legs.

Les principaux critères de la collecte que s’efforce de promouvoir les archivistes sont :

– L’apport documentaire constitué par le document/fonds sélectionné : intérêt historique, scientifique, lié à la nature même des pièces (thématiques/périodes couvertes) ou au rôle joué par le producteur des archives en question, au niveau local ou national, voire international.

– L’originalité du fonds et son caractère complémentaire par rapport à d’autres sources déjà conservées dans les collections publiques.

Le don ou le legs sont la bonne solution. Pour chaque entrée un contrat est conclu prévoyant les droits et les devoirs du donateur et du Département.

Si vous conservez des documents susceptibles d’éclairer l’histoire de notre Département, de ses territoires et des hommes qui y habitent, n’hésitez pas à contacter l’archiviste pour un projet de don.

Archives départementales du Gard : 04 66 05 05 10

Les Archives départementales du Gard, lieu de ressources et d’offres culturelles et pédagogiques.

Les Archives départementales sont avant tout un lieu de ressource où trouver le document authentique qui fait foi (droit de propriété, état civil, diplôme…) et connaître l’histoire et s’approprier le passé (par la recherche sur les ancêtres ou sur le territoire de sa commune par exemple).

Pour cela, les services des Archives départementales ont pour mission de collecter, identifier, classer, conserver et protéger les archives et les communiquent à tous les usagers : administrations et professionnels divers, particuliers à la recherche de leurs droits, étudiants, amateurs d’histoire locale, généalogistes…

Outre la consultation des documents en salle de lecture, les Archives départementales valorisent les documents conservés par

– des expositions temporaires,

– des activités pédagogiques proposées aux scolaires

– des visites de groupe du bâtiment et des expositions sur réservation (25 personnes maximum).