Chorégraphies du rituel au festival Uzès Danse


Chorégraphies du rituel au festival Uzès Danse
Liliane Schaus, directrice du centre de développement chorégraphique national d'Uzès.
Par Uzès News

Liliane Schaus, directrice de La Maison CDCN (Centre de développement chorégraphique national), explique les choix de cette 24e édition.


Comment s’est fait le choix des artistes programmés au festival ?
Liliane Schaus. Nous menons un travail avec des artistes associés : avec David Wampach depuis trois ans et demi – son spectacle Berezina clôturera le festival le 22 juin -, et bientôt avec Danya Hammoud, une artiste libanaise. Et puis nous avons une fidélité envers certains artistes, que nous faisons revenir au festival – c’est par exemple le cas d’Aina Alegre. L’idée est que le public puisse entrer dans une oeuvre, en voir plusieurs aspects et comprendre la démarche de l’artiste.
Certains spectacles sont le fruit de choix collectifs puisque la Maison CDCN travaille en réseau : ainsi Guillaume Marie présentera le spectacle Roger (les 21 et 22 juin) grâce au partenariat franco-allemand Étape Danse. Nous ne fonctionnons pas par thématique pour établir la programmation, mais en regardant la programmation dans son ensemble, je m’aperçois que le rituel est un sujet qui revient beaucoup !

Pourquoi avoir retenu Danya Hammoud ?
L.S. Deux de ses pièces ont déjà été programmées à Uzès, j’avais découvert cette chorégraphe au festival DANSEM, à Marseille. Elle s’est lancée dans une création, Sérénités, qui sera prête en juin 2020. Elle présentera une “étape de travail” le 16 juin. Son spectacle parle de la violence, du corps comme territoire, de l’importance du bassin dans le mouvement. En tant qu’artiste associée, elle va nous apporter sa vision du monde, du territoire notamment – et c’est un axe de travail important de la Maison CDCN.


S’il y avait des “incontournables” à citer au sein de ce programme, quels seraient-ils ?
L.S. Il ne faut pas manquer le spectacle de David Wampach, qui est une sorte de rituel tribal explosif – mais totalement maîtrisé. C’est un artiste étonnant, il amène à un réel lâcher-prise. Il faut mentionner Laurent Pichaud (Uzès en jumelle, le 22 juin), qui vient depuis plusieurs années. Sa particularité est de créer des projets in situ, en fonction des endroits où il se trouve. Il vient cette fois pour “poétiser” le jumelage, c’est une interrogation l’autre, le regard qu’il porte sur nous et la façon dont on l’accueille. Puisqu’Uzès est jumelée avec Schriesheim (Allemagne) et Packow (Pologne), un hymne commun sera chanté tous les matins, sur le marché notamment. Il y aura aussi un “partage des eaux”, cérémonie lors de laquelle une fontaine offerte à Uzès par Schriesheim doit accueillir de l’eau apportée de cette ville allemande. Des parcours en bus seront aussi organisés pour une visite commentée d’Uzès : l’idée est de déplacer le regard sur la ville.
Sylvain Huc (Lex, le 14 juin), qui vient de Toulouse, a travaillé sur la contrainte : celle de la loi et celle de la règle chorégraphique. Lors de ses deux solos présentés l’an dernier, Thiago Granato (Trrr, le 15 juin) avait travaillé sur les chorégraphes morts, et sur les vivants. Il a donc imaginé ce que serait la chorégraphie du futur : cela donne quelque chose d’animal et minéral. Deux artistes programmés sont marqués par une réflexion sur l’identité : le Brésilien Pol Pi (Alexandre, le 16 juin), qui s’intéresse au langage, et l’Iranien Sorour Darabi (Savušun, le 21 juin), qui s’inspire des rites morturaires chiites, danses exclusivement masculines.
Une danse assez tribale, avec du maquillage, sera proposée par la Barcelonaise Aina Alegre La nuit nos autres, le 21 juin). Et le 22 juin, un spectacle assez joyeux est prévu : 444 Sunset Lane, d’Émilie Labédan, originaire de Toulouse. Un décor des années 1980, la musique qui va avec, une histoire de fantôme…




Le spectacle Perchées dans les arbres est prévu le 22 juin… à 7h du matin. C’est un horaire inédit pour un spectacle !
L.S.(Rires.) C’est un spectacle particulier, qu’on ne peut pas programmer en soirée… Car il faut être dans un état particulier pour y assister. Il y aura d’abord une mise en condition du public, pour se détendre. Il s’agit d’un e traversée inspirée par le chamanisme, interprétée par une danseuse et une comédienne, qui lit un texte sur le féminin sacré. Le spectacle sera suivi d’un “atelier du corps” (yoga, méditation, auto-massages) puis le public pourra prendre un café au bar du jardin de l’évêché. L’horaire est moins atypique mais notez que We were the future est programmé à 10h le 16 juin : un spectacle de l’artiste israélienne Meytal Blanaru, qui utilise la techinique Feldenkrais (elle animera un atelier l’après-midi) : des mouvements lents et presque saccadés, qui donnent une interprétation très nourrie.



D’autres rendez-vous singuliers à signaler ?
L.S.Laurent Goldring (Fauteuils, le 15 juin) vient présenter un “spectacle/exposition” : le public pourra y assister depuis les gradins… ou bien en montant sur le plateau. L’artiste est à la fois chorégraphe et photographe, il a mené un travail sur les fauteuils représentés par Matisse, Cézanne et Picasso. Sur scène, des interprètes prennent la place des modèles sur les fauteuils, ils deviennent presque sculptures et sont mis en rapport avec les photos originales. Les spectacles de Laurent Goldring sont toujours très beaux, celui-ci est à découvrir.
Pour la pièce Roger (le 22 juin), il a fallu trouver un coin… ça n’a pas été facile ! (rires) – la représentation aura lieu dans une salle d’exposition de l’évêché. La configuration s’explique par la trame de l’oeuvre : un personnage marqué par une tragédie est acculé dans un coin, le public l’entoure et lui sort peu à peu de son confinement. Je remarque que cette année, les artistes ont voulu que le public soit très près d’eux, comme pour créer une communion par cette proximité.

Un bal “Mobil Dancing” s’installera dans le quartier des Amandiers le 14 juin. À noter également : l’installation vidéo La Ronde, exposée à la médiathèque d’Uzès jusqu’au 22 juin.

Propos recueillis
par Quentin Germain
Publié le 05/06/2019 à 19:42



 

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